Lambro vit tout cela avec une certaine aversion. Pourquoi s'amusait-on ainsi en son absence? Il redoutait fort l'enflure de ses comptes de dépenses hebdomadaires.
Néanmoins il évita d'entrer en fureur, il s'avança et frappa sur l'épaule du premier convive qui lui tomba sur la main—avec un certain sourire qui n'annonçait, à la vérité, rien de bon—et lui demanda ce que voulaient dire ces réjouissances.
Le Grec emplit un verre de vin et, sans tourner la tête, le lui présenta par-dessus l'épaule.
«On s'altère à parler, fit-il, je n'ai pas de temps à perdre.»
Un second ajouta:
«On dit que notre vieux maître est mort. Adressez-vous à notre maîtresse, qui est héritière.»
«Notre maîtresse, reprit un troisième, vous voulez dire notre maître, pas l'ancien, le nouveau!»
Ces coquins, étant nouveau venus, ne savaient pas à qui ils parlaient. Une ombre passa dans les yeux de Lambro; mais, se ressaisissant, il demanda à l'un d'eux de vouloir bien lui apprendre le nom et les qualités de son nouveau patron, qui, suivant les apparences, avait fait passer Haydée à l'état d'épouse.
«J'ignore, dit le drôle, qui il est et d'où il vient, et ne me soucie guère de le savoir. Mais je sais que voici un chapon rôti, merveilleusement gras... Si cela ne vous suffit pas, adressez-vous à mon voisin... C'est un bavard émérite.»