Ayant besoin de réparer son navire, il revint enfin dans son île et débarqua dans le havre, situé au côté opposé de la grève aux écueils.

Il gravit la colline et apercevant la fumée de son toit se sentit joyeux. Lambro, c'était son nom, aimait fort son enfant.

Comme il approchait, il distingua à travers les feuillages qui ombrageaient sa maison des figures en mouvement, des armes étincelantes et des vêtements aux couleurs variées.

Étonné de ces indices d'oisiveté, il entendit encore les sons d'un violon. Il reconnut aussi un flageolet et un tambour, puis des éclats de rire.

Sur la pelouse, il aperçut alors ses domestiques dansant ainsi que des derviches qui tournent sur un pivot.

Plus loin, c'étaient des troupes de jeunes Grecques, dont la plus grande agitait en l'air un mouchoir blanc; les autres se tenaient par la main, et leurs longs cheveux châtains flottaient sur leur cou d'albâtre... Elles chantaient et bondissaient en cadence...

Ici des groupes joyeux commençaient à dîner; on voyait des pilafs et des mets de toutes sortes, des flacons de vins de Samos et de Scio et des sorbets rafraîchis dans des vases poreux...

Une troupe d'enfants ornait de fleurs, les cornes vénérables d'un vieux bouc blanc.

Ailleurs un bouffon, au milieu d'un cercle de vieillards, racontait des histoires merveilleuses.