Dondon parut surprise, Don Juan interdit, mais il fallait obéir...
Comment ils réussirent à éviter le courroux de Gulbeyaz et, par une barque, à quitter le sérail en compagnie de Baba, de Johnson et de sa maîtresse d'une nuit, sultane de deuxième classe, l'histoire n'en a point conservé les détails.
CHAPITRE VI
LEÏLAH
Don Juan dans l'armée de Souvarow.—L'accueil du grand général.—L'assaut d'Ismaïlia.—Don Juan sauve la petite Leïlah.—Le pillage, le viol.—Récompense de Don Juan.
Le siège était mis devant Ismaïlia. Mais les Russes, en dépit de leur courage, n'avaient pas réussi à s'emparer de la forteresse turque. Enfin Souvarow, cet homme de génie qui avait l'air d'un bouffon, fut envoyé pour prendre le commandement de l'armée. De suite tout changea, et la résistance turque faiblit.
La veille du grand assaut, quelques Cosaques rôdant à la tombée de la nuit rencontrèrent une troupe d'individus dont l'un parlait assez correctement leur langue. Sur sa demande, ils l'amenèrent, lui et ses camarades, au quartier général. Leurs costumes étaient musulmans, mais il était facile de voir que ce n'était là que déguisement.
Souvarow, qui donnait des leçons aux recrues, en manches de chemise, sur l'art sublime de tuer, les interrogea lui-même: