FAUSTA ET TERESA

Premiers baisers.—Don Cristoval.—La rixe.—Un mort.—L'épée des Maraña.—Visite des deux sœurs.—Rendez-vous en ville.—Le souper des étudiants.—Deux jolies maîtresses.—Leçons de volupté.—Première fatigue.—Le signe de beauté.—Échange de femmes?—Le pari perdu.—L'amontillado.—La tentative de viol.—Mort de Fausta.—Fuite de Don Juan.—En Flandre!

Chaque soir, la sérénade recommençait. La position des deux compères s'améliorait. Bientôt ils furent autorisés à poser un baiser sur les jolies mains effilées, baiser gagné au prix d'une pénible escalade. Don Garcia, que ces bagatelles ne satisfaisaient point, fit allusion à une échelle de corde qui permettrait de circuler plus aisément, ou même à de fausses clefs qui donneraient l'accès des appartements tandis que le seigneur de Ojedo faisait chaque soir sa partie chez des amis.


Par une nuit très sombre, tandis que les galants entretiens se poursuivaient, sept à huit hommes en manteaux, portant pour la plupart des instruments de musique, se montrèrent à l'extrémité de la rue.

«Voici Don Cristoval qui vient nous offrir une sérénade, s'écria Teresa. Par le ciel, éloignez-vous. Ils ne manqueraient pas de vous chercher querelle.»

Mais Don Garcia n'écoutait guère ces paroles de prudence.

«Holà! cria-t-il, qui s'avise de venir nous déranger ici? Passez votre chemin, messieurs; la place est prise!

—Et qui donc ose me parler ainsi? Un de ces gamins d'étudiants. Parbleu! Je vais lui tirer les oreilles!

—C'est à l'épée, si vous le voulez bien, que nous viderons la question.»