Et certes, monsieur, nous eussions été bien ingrats si nous n'avions pris pour but de notre voyage de noces à Paris où nous avions le devoir de venir vous remercier.
Je dirige à cette heure une des plus importantes manufactures de cigares de la Havane, et voulant vous dédommager du mauvais cigare que vous avez fumé par notre faute, je vous adresserai deux fois par an une provision de cigares du premier choix, n'attendant pour faire expédier le premier envoi que d'avoir consulté votre goût.
Don José avait appris le français à la Nouvelle-Orléans, et sa femme le parlait sans accent, car elle avait été élevée en France...
Peu de temps après, les jeunes héros de cette aventure romanesque retournèrent à La Havane. Je dois ajouter qu'ingrat, ou bientôt mécontent de son mariage, je ne sais, Don José Hurtado y Barral ne m'a jamais fait tenir les cigares qu'il m'avait promis...
[IV]
LA LÈPRE
Comme on venait de constater que la langue italienne n'offre que peu de difficultés, le baron d'Ormesan protesta avec l'assurance d'un homme qui parle une quinzaine d'idiomes européens ou asiatiques:
—Pas difficile, l'italien? Quelle erreur!... Il se peut que ses difficultés soient peu apparentes, mais elles n'en existent pas moins, croyez-moi. J'en ai fait l'expérience. Elles furent cause que je faillis attraper la lèpre, ce mal terrible qui, semblable aux difficultés que présente la langue italienne, se cache, semble avoir disparu, tandis qu'il n'en continue pas moins à étendre ses ravages à travers les cinq parties du monde.
—La lèpre!
—À cause de l'italien?