Le jour de Pâques, j'étais assis devant mon bureau, et je lisais avec attention les télégrammes qui relataient les événements de la veille, les paroles d'Aldavid, l'exode des juifs, dont les plus pauvres s'en allaient par troupes à pied vers la Palestine.
Tout à coup, mon nom prononcé à voix haute me fit lever la tête, et je vis devant moi le baron d'Ormesan lui-même.
—Vous voilà, m'écriai-je, je n'espérais plus vous revoir... Vous avez été absent au moins pendant deux ans... Mais comment êtes-vous entré? Sans doute, ai-je laissé ma porte ouverte!
Je me levai, allai vers le baron et lui serrai la main.
—Asseyez-vous, lui dis-je, et racontez-moi vos aventures, car je ne doute point qu'il ne vous soit arrivé des choses extraordinaires depuis que je ne vous ai vu.
—Je vais satisfaire votre curiosité, me dit-il. Souffrez que je reste ainsi debout, appuyé contre la muraille, je n'ai pas envie de m'asseoir.
—Comme vous voudrez, repris-je, mais avant tout, dites-moi d'où vous venez, revenant!
Il me répondit en souriant:
—Vous feriez peut-être mieux de me demander où je suis.