Quelque temps après, la curie romaine créa un nouvel évêché à Fontainebleau et y nomma l'abbé Delhonneau.

Lors de son premier voyage ad limina, cet évêque ayant proposé au Saint-Siège l'érection en dogme de la croyance à la mission divine de la France, le cardinal Porporelli, quand il l'apprit, s'écria:

—Pur gallicanisme! Mais l'administration gallo-romaine, quel bienfait pour les Gaules! Elle est nécessaire pour dompter la turbulence des Français. Et que de peine pour les civiliser!...

[TROIS HISTOIRES DE CHÂTIMENTS DIVINS]

[I]
LE GITON

Le nommé Louis Gian, fils d'un petit marchand d'huiles à Nice, ne manifesta jamais la moindre piété au contraire des autres enfants qui, au moins à l'époque de leur première communion, font preuve d'une dévotion touchante.

Le vicaire boiteux de Sainte-Réparate lui avait dit, un jour, pendant le catéchisme, en essuyant ses lunettes avec sa soutane sale:

—Toi, Louis! il t'arrivera malheur, parce que tu es faux. À te voir, on te prendrait pour un ange. La vérité? tu es plat comme une punaise à genoux. Tu te moques de moi. Je le sais, et tu le peux. Mais on ne se rit pas de Dieu. D'ailleurs, tu l'apprendras, trop tôt à ton souhait.

Louis Gian avait écouté, debout et les yeux baissés, l'admonestation du vicaire. Mais, dès que celui-ci eut le dos tourné, l'impie singea sa marche chancelante et chantonna: