Interdit, il posa la lampe sur la table et voulut se ruer contre la porte pour l'enfoncer. Mais une voix l'arrêta.
—Un pas et vous êtes mort, matelot!
Levant la tête, Hendrijk vit par une lucarne qu'il n'avait pas encore aperçue, le canon d'un revolver braqué sur lui. Terrifié, il s'arrêta.
Il n'y avait pas à lutter, son couteau ne pouvait lui servir dans la circonstance; un revolver même eût été inutile. L'inconnu qui le tenait à sa merci s'abritait derrière le mur, à côté de la lucarne d'où il surveillait le matelot, et où passait seule la main qui braquait le revolver.
—Écoutez-moi bien, dit l'inconnu, et obéissez. Le service forcé que vous allez me rendre sera récompensé. Mais vous n'avez pas le choix. Il faut m'obéir sans hésiter, sinon je vous tuerai comme un chien. Ouvrez le tiroir de la table... Il y a là un revolver à six coups, chargé de cinq balles... Prenez-le.
Le matelot hollandais obéissait presque inconsciemment. Le singe, sur son épaule poussait des cris de terreur et tremblait. L'inconnu continua:
—Il y a un rideau au fond de la chambre. Tirez-le.
Le rideau tiré, Hendrijk vit une alcôve, dans laquelle, sur un lit, pieds et mains liés, bâillonnée, une femme le regardait avec des yeux pleins de désespoir.
—Détachez les liens de cette femme, dit l'inconnu, et ôtez-lui son bâillon.
L'ordre exécuté, la femme, toute jeune et d'une beauté admirable, se jeta à genoux du côté de la lucarne en s'écriant: