—Harry, c'est un guet-apens infâme! Vous m'avez attirée dans cette villa pour m'y assassiner. Vous prétendiez l'avoir louée afin que nous y passions les premiers temps de notre réconciliation. Je croyais vous avoir convaincu. Je pensais que vous étiez finalement certain que je n'ai jamais été coupable!... Harry! Harry! je suis innocente!

—Je ne vous crois pas, dit sèchement l'inconnu.

—Harry, je suis innocente! répéta la jeune dame d'une voix étranglée.

—Ce sont vos dernières paroles, je les enregistre avec soin. On me les répétera toute ma vie. Et la voix de l'inconnu trembla un peu, mais redevint ferme aussitôt: Car je vous aime encore, ajouta-t-il, si je vous aimais moins, je vous tuerais moi-même. Mais cela me serait impossible, car je vous aime...

Maintenant, matelot, si avant que je n'aie compté jusqu'à dix, vous n'avez pas logé une balle dans la tête de cette femme, vous tomberez mort à ses pieds. Un, deux, trois...

Et avant que l'inconnu eût eu le temps de compter jusqu'à quatre, Hendrijk affolé, tira sur la femme qui, toujours à genoux, le regardait fixement. Elle tomba la face contre le sol. La balle l'avait frappée au front. Aussitôt, un coup de feu parti de la lucarne, vint frapper le matelot à la tempe droite. Il s'affaissa contre la table, tandis que le singe, poussant des cris aigus d'épouvante, se cachait dans sa vareuse.


Le lendemain, des passants ayant entendu des cris étranges venus d'un cottage de la banlieue de Southampton, avertirent la police qui arriva bientôt pour enfoncer les portes.

On trouva les cadavres de la jeune dame et du matelot.

Le singe, sorti brusquement de la vareuse de son maître, sauta au nez de l'un des policiers. Il les effraya tous à un tel point, qu'ayant fait quelques pas en arrière, ils l'abattirent à coups de revolver avant d'oser approcher de nouveau.