—Ah! c'est vous? reprit l'autre.
Sa voix résonnait comme le hurlement du limier qui retrouve une piste perdue.
—Je suis assez porté à le croire! dit Basil avec une intonation railleuse.
—Comment vous êtes-vous donc échappé?
—Ah! ah! ah! J'avais besoin de me dégourdir les jambes.
Le Forestier entendit son interlocuteur dire quelques mots en Français à ses compagnons; mais il ne put les comprendre. Néanmoins, son œil exercé reconnut que le canot s'approchait de lui, tout doucement, avec une lenteur calculée, mais d'une façon sensible.
Cette fois, bien fin aurait été celui qui l'aurait surpris hors de garde; pourtant il resta immobile, tout disposé à continuer cette piquante conversation.
—Très-bien, mon bon petit ami, reprit le Français, qui parlait pour distraire l'attention de son ex-prisonnier; très-bien! votre évasion a été supérieurement exécutée: toutefois, je suis chagrin de vous avoir perdu.
—Je n'en doute pas. Et… n'aimeriez-vous pas me reprendre?
—Ah! ah! vous faites le farceur! Eh bien! j'aime les gens facétieux comme vous: si vous voulez vous joindre à nous, vous pourrez être assuré d'une bonne et honorable réception: en outre on vous comptera quelques poignées d'espèces sonnantes; là!… une belle somme ronde!—Hein? Qu'en dites-vous?…