—Comprenez! je m'en vais comme je suis venu!
—C'est une honte! et ces gens là se disent civilisés!
—Bah! nous sommes en plein pays sauvage; loin de la civilisation! Faites-en provision pour vous, si ça vous fait plaisir. Et si vous voulez me revoir, venez faire un petit tour jusqu'à Presqu'île. Bonsoir! adieu!
—Va! sauve-toi! Yankee du diable! nous y serons trop tôt pour toi!
Tels furent les touchants adieux qui terminèrent la conversation.
Basil n'en écouta pas davantage, et fit voler sa légère embarcation comme une flèche.
Le temps pressait, l'orage depuis si longtemps amoncelé sur le fort, allait éclater; le danger était proche. Il s'agissait d'avertir ses braves défenseurs; et comme on était dans la saison où les nuits sont les plus courtes, il n'y avait pas un moment à perdre pour arriver avant le jour.
Basil mit donc en œuvre toute son énergie et fit force de rames afin de traverser rapidement l'espace qui le séparait du fort.
Un autre motif le poussait à faire diligence; ceux qui l'avaient déjà capturé une fois pouvaient fort bien se remettre à sa poursuite, le gagner de vitesse en raison de ce qu'ils étaient deux rameurs contre un, l'atteindre avant son arrivée.
Ce n'était pas tout encore; le lac était couvert d'ennemis, leur rencontre pouvait fort bien être appréhendée.