—Canaille de Balkblalk! grommela-t-il.

Puis reprenant la conversation:

—Pourquoi avez-vous disparu cette nuit-là?

—Pour fuir cet homme. Mon père avait eu du regret de m'avoir abandonnée; il m'avait fait un signal, je suis allée le rejoindre. Si vous n'aviez pas été avec Johnson, Balkblalk vous aurait tué.

—Oui! reprit négligemment Basil, je sais qu'il ne m'a jamais aimé; je le lui rendais bien, du reste. Maintenant, jeune fille, je désire une réponse de vous.

Elle attacha sur lui ses grands yeux noirs, attendant la question.

—Ce Johnson était-il ou n'était-il pas un traître?

En parlant ainsi Basil avait le regard étincelant, la voix sifflante; la jeune fille, effrayée, lui répondit en hésitant:

—Les Indiens l'avaient excité à cela, les Français aussi… mais on le ne tenait pas en grande estime.

—Oui! poursuivit le Forestier se parlant à lui-même; c'était le blaireau puant qui coupe la racine de l'arbre qui l'a nourri… Je l'ai vu à l'attaque de Presqu'île! il a sur les mains, sur le front, le sang de ses frères… Je le maudis, c'est un Caïn!