—Je voudrais avoir des nouvelles du Détroit, ajouta Christie après une nouvelle pose, il s'est présenté un Indien, la semaine dernière, alors que vous étiez en chasse, cet homme avait quelque chose à nous dire. Tout ce qu'on a pu saisir dans son baragouin a été ceci: «Pontiac… Détroit…» Sur le moment, je n'ai pas fait grande attention à ses paroles; mais depuis, j'ai réfléchi, il doit y avoir quelque mauvaise affaire dans l'air; je suis sûr que ce Sauvage avait des détails intéressants à nous donner.
—Vous pensez que le vieux chef aurait pris la place?
—Je le crains.
—Eh bien! pas moi. Lorsque je l'habitais, ce Fort me faisait l'effet d'être la plus forte citadelle qu'on pût désirer en cas de guerre Indienne.
—Cela pourrait être si ces sauvages combattaient comme les hommes blancs. Mais, Basil, vous savez aussi bien que moi leurs façons extraordinaires d'attaquer. Ce serait un jeu pour le Major Gladwyn de repousser un assaut livré ouvertement, en plein jour; mais je tremble toujours qu'ils ne le surprennent à l'improviste hors de garde.
—Je n'en disconviens pas: mais n'a-t-il pas fréquenté les bois autant que vous? Or, vous ne seriez pas homme à vous laisser surprendre.
—Ah! bien des circonstances sont venues m'instruire: j'ai peut-être plus d'expérience que lui. Peut-être m'y laisserais-je prendre, si je n'avais pas reçu vos leçons.
—Oh! je ne suis pas un savant, moi: seulement, je serais un triste imbécile si je n'avais pas un peu appris à connaître les Indiens, depuis le temps que je les fréquente.
—Vous rappelez-vous votre aventure avec Johnson, l'hiver dernier? cette nuit où vous sauvâtes une fille Indienne à demi-gelée?
—Je le crois bien! je ne suis pas près de l'oublier.