—Quelle chose?

—Les yeux, pardieu!

—Voilà où vous vous trompez, don Gustavo; les yeux se changent tout aussi bien que les autres parties du visage; il ne s'agit pour cela que de se teindre les cils, les sourcils et le bord des paupières. Allons, tant mieux! Je vois que mon déguisement est complet. Si je vous ai trompé, j'en tromperai bien d'autres!

—Je le crois bien! avec votre teint blanc, votre barbe rouge en éventail et vos cheveux ébouriffés, vous ressemblez comme deux gouttes d'eau à un commis-voyageur français de mes amis. Mais qui a pu vous pousser à vous métamorphoser ainsi?

—Vous le saurez bientôt; mais d'abord, où allez-vous?

—Eh! A Mexico, naturellement.

—Moi aussi. Nous ferons, si vous le voulez, route ensemble.

—Je ne demande pas mieux, cher don Luis.

—Ne m'appelez pas ainsi. Je me nomme maintenant Ernest Guichard.

—C'est bon à savoir; je m'en souviendrai.