—Hum! grommelait-il à part lui; où nous allons? Il serait bien aimable, lui, s'il me le disait. Est-ce que je le sais, moi? Nous étions bien tranquilles à San Francisco, lorsqu'il y a cinq jours Loïck reçoit un chiffon de papier d'un coureur indien qui venait de je ne sais où. Voilà mon Loïck qui rougit, qui pâlit et qui vient tout courant me trouver à mon auberge, en m'ordonnant de réunir l'équipage et de me rendre à bord; puis il arrive comme un coup de vent, et sans dire ni bonjour ni bonsoir, nous dérapons. Hum! Tout ça n'est pas clair! Attrape à laver le pont! commanda-t-il à haute voix.

Immédiatement l'équipage se mit à faire la toilette du navire.

Maître Pécou, de plus en plus plongé dans ses réflexions, n'attachait qu'une médiocre importance à ce qui se passait autour de lui.

Tout à coup, il sentit qu'on lui frappait amicalement sur l'épaule.

—Bonjour, père, lui dit une voix joyeuse. Maître Pécou se retourna le visage épanoui.

—Bonjour, garçon! répondit-il; as-tu bien dormi?

—Très bien, merci, père, fit le capitaine Legoff, car c'était lui. Eh bien! Qu'avons-nous de nouveau?

A cette question, si simple en apparence, le lieutenant se redressa, porta la main à son chapeau, et répondit avec déférence:

—Capitaine, il n'y a rien de nouveau à bord depuis cette nuit.

Pour tout ce qui regardait le service, maître Pécou, malgré les observations de son fils adoptif, avait toujours conservé le ton et les manières respectueuses d'un subordonné devant son supérieur.