Le capitaine saisit sa longue-vue.
Une douzaine de grandes barques chargées de soldats sortaient du port et se dirigeaient vers les Français.
La mer était houleuse, la brise forte, et la chaloupe du capitaine, surchargée, n'avançait que lentement, obligée de lutter contre le vent en remorquant la seconde.
Le péril auquel on avait cru échapper renaissait sous une autre forme, et cette fois prenait des proportions réellement effrayantes. Les Mexicains se rapprochaient de plus en plus et ne devaient pas tarder de se trouver à portée de fusil.
Le brick, dont on apercevait la haute mâture, n'était, il est vrai, qu'a deux encablures au plus des chaloupes françaises; mais les quatre hommes qui étaient restés à bord ne suffisaient pas pour exécuter la manœuvre nécessaire pour qu'il se rapprochât et vint en aide à ses embarcations.
La position devenait réellement critique.
Loïck prit immédiatement son parti.
—Enfants, dit-il, que les cinq meilleurs nageurs d'entre vous se jettent à la mer et aillent avec moi chercher le navire.
—Loïck! s'écria Frédérique épouvantée, que vas-tu faire?
—Te sauver, répondit le jeune homme prêt à s'élancer.