Ceux-ci ne répondirent pas, et continuèrent à ramer.

Un grondement sourd se fit entendre, suivi d'un cri de désespoir et d'imprécations, et une masse noire passa au vent de la péniche.

C'était le brick qui venait au secours de son équipage, et qui, en passant, coulait et dispersait les embarcations ennemies.

En mettant le pied sur le pont, Frédérique s'évanouit. Loïck, la prenant dans ses bras, la descendit dans sa cabine.

Au même instant un mousse, se précipitant dans la chambre, cria:

—Capitaine! Capitaine! les Mexicains, les Mexicains!

Pendant que les Français étaient occupés à transborder leurs blessés, persuadés que les barques mexicaines avaient toutes été coulées, ils n'avaient pas songé à surveiller leurs ennemis. Ceux-ci avaient habilement profité de cette négligence pour se rallier, et, se réunissant sous l'avant de l'Épervier, ils s'étaient audacieusement élancés à l'abordage en grimpant après les chaînes de haubans, la civadière, etc. Heureusement pour les Français, les filets d'abordage étaient tendus, et la surprise des Mexicains n'eut pas tout le succès qu'ils en attendaient.

Les Français, obéissant à la voix de leur capitaine, se précipitèrent avec furie sur les Mexicains, déjà presque maîtres de l'avant du navire.

Alors, sur un espace de quelques mètres carrés, commença un de ces combats maritimes, sans ordre et sans tactique, où la rage supplée à la science, lutte horrible, à coup de pique, de hache et de sabre, où chaque blessure est mortelle, et qui rappelle ces hideux combats à outrance du moyen âge, dans lesquels la force brutale seule faisait loi.

Le général Timpfler, furieux d'avoir laissé échapper sa proie, fou de jalousie et de luxure trompée, semblait se multiplier, s'élançant au plus épais de la mêlée, cherchant sa nièce et brûlant de tuer celui qui la lui avait si brusquement ravie.