—Parce qu'il attache ses chevaux, mon père.

—Comment ses chevaux?

—Oui, il en a deux: un qu'il monte, l'autre qu'il conduit en bride.

—Ah! Très bien, je comprends; tu les as fait mettre dans le corral?

—Oui, mon père.

—Maintenant, va chercher l'enfant; hâte-toi.

Frasquito sortit presque en courant.

Dès qu'il fut seul, le missionnaire se leva, ouvrit une armoire; il sortit de cette armoire une assiette, un verre, un couteau, une bouteille cachetée de rouge, un pain dont il coupa un large chanteau, et qu'il replaça ensuite où il l'avait pris, un morceau de venaison rôtie, une assiette pleine de lait et un morceau de fromage de chèvre; il étendit ensuite une serviette blanche sur la table, et, en moins de deux ou trois minutes, il eut dressé le couvert d'un repas, certes plus succulent cent fois que ceux qu'il se permettait à lui-même; puis il referma l'armoire, enleva l'escabeau placé devant la table et qui lui servait de siège, et le remplaça par une chaise.

A peine ces préparatifs, si simples en apparence, mais en réalité si luxueux pour le pauvre missionnaire, furent-ils achevés, que la porte s'ouvrit, et le jeune homme entra, suivi du sacristain.

Frasquito avait dit vrai.