Le pauvre enfant semblait littéralement sortir d'une rivière quelconque; ses vêtements ruisselaient d'eau; chacun de ses pas laissait derrière lui une large plaque humide.
—Pardon, señor padre... dit-il avec embarras.
Mais le missionnaire ne le laissa pas achever.
—Avant tout, mon enfant, lui dit-il affectueusement, débarrasse-toi de tes habits, et mets ceux que Frasquito tient sous son bras.
—Mais, señor padre... répondit le jeune homme en essayant de se défendre.
—Je n'écouterai rien, avant que tu ne m'aies obéi. Ainsi, pas un mot, cher enfant.
En un tour de main, tant les deux hommes y mirent d'ardeur, les vêtements du jeune garçon furent remplacés par d'autres, parfaitement secs.
—Là! Voilà qui est fait, dit gaiement le missionnaire; toi, Frasquito, sèche tout cela devant un grand feu, de façon à ce que Cardenio puisse le reprendre avant de retourner chez lui.
Le sacristain ramassa toutes les hardes mouillées et quitta la chambre.
—A quelle heure es-tu parti de chez ton père, mon cher enfant? demanda le missionnaire dès qu'il fut seul avec son jeune visiteur.