En ce moment, un Indien guaycurus, armé en guerre et monté sur un magnifique cheval, émergea tout à coup des hautes herbes et s'arrêta fièrement, en travers du sentier, à portée de pistolet des Brésiliens, en agitant entre ses mains une peau de tapir qu'il faisait flotter comme un étendard.

«Feu sur ce bribon! s'écria le marquis en épaulant sa carabine.»

Le capitão l'arrêta vivement:

«Gardez-vous en bien! lui dit-il.

—Comment! N'est-ce pas un ennemi? reprit le marquis.

—Cela peut être, Excellence; mais, en ce moment, il vient en parlementaire.

—En parlementaire, ce sauvage! Vous vous moquez de moi sans doute, s'écria le marquis en haussant les épaules.

—Nullement, Excellence, écoutons ce que cet homme a à nous dire.

—A quoi bon? fit-il avec mépris.

—Quand ce ne serait que pour connaître les projets de ceux qui nous l'envoient, il me semble que ce serait déjà assez important pour nous.»