Le marquis hésita un instant, puis rejetant sa carabine en bandoulière.

«Au fait, c'est possible, murmura-t-il, mieux vaut le laisser s'expliquer; qui sait ce que ces Indiens peuvent avoir résolu entre eux, peut-être désirent-ils traiter avec nous?

—Ce n'est pas probable, répondit en riant le capitão; mais, dans tous les cas, si vous me le permettez, Excellence, je le vais interroger.

—Faites, faites, don Diogo, je suis curieux de connaître ce message.»

Le capitão s'inclina; puis, après avoir jeté à terre son tromblon, son sabre et son couteau, il se dirigea au trot de son cheval vers l'Indien, toujours immobile comme une statue équestre en travers du chemin.

«Vous êtes fou, s'écria don Roque en s'élançant vers lui; comment, vous abandonnez vos armes; vous voulez donc vous faire assassiner?»

Don Diogo sourit en haussant les épaules avec dédain, et, retenant le cheval du marquis par la bride pour l'empêcher d'avancer davantage:

«Ne voyez-vous donc pas que cet homme est sans armes?» dit-il.

Le marquis fit un geste de stupéfaction et s'arrêta; il n'avait pas remarqué cette particularité.

Le capitão profita de la liberté qui lui était laissée pour se remettre en route.