Au même instant, un homme de haute taille sortit de la hutte dont nous avons parlé et, attiré par le bruit, fendit la foule, qui s'écarta respectueusement sur son passage, et se trouva bientôt en face du capitão.
Celui-ci qui, deux jours auparavant, lorsqu'il avait été à la recherche du guide, s'était rencontré avec le chef des Payagoas, le reconnut aussitôt.
Le saluant alors à l'indienne, et du même coup arrêtant son cheval par un prodige d'adresse et de force, il s'élança à terre.
«Aï! s'écria le chef, un guerrier guaycurus! Que se passe-t-il donc ici?
—A l'instant où j'allais arrêter mon cheval devant la case du capitão, pour lequel j'ai un message, répondit Diogo sans se déconcerter, un pécari l'a effrayé.
—Epoï! Mon frère est bien un Guaycurus cavalheiros, dit gracieusement Emavidi; l'animal est dompté et n'a garde de remuer à présent. Comment se nomme mon frère?
—Le Grand-Sarigue, dit Diogo en s'inclinant et se souvenant à propos du nom que lui avait donné Tarou-Niom.
—Aï! Je connais le nom de mon frère. C'est un guerrier renommé, j'en ai souvent entendu parler avec éloge; je suis heureux de le voir.»
Le capitão jugea nécessaire de s'incliner de nouveau à ce compliment flatteur.
Emavidi continua: