—Dame, mon ami, je vous trouve naïf; permettez-moi de vous le dire, si je vous bâillonne, c'est probablement pour vous empêcher de crier et d'appeler à votre aide vos amis qui, sans doute, ne sont pas très loin?»

Il y eut un instant de silence; le métis réfléchissait, Diogo confectionnait un bâillon avec le soin et l'attention qu'il apportait à tout ce qu'il faisait.

«Combien de temps vous faut-il pour vous mettre en sûreté? demanda enfin le métis.

—Pourquoi m'adressez-vous cette question? répondit le capitão en s'agenouillant auprès de lui et se préparant à lui attacher un tampon d'herbe sur la bouche.

—Que vous importe? Répondez-moi franchement.

—Si cela peut vous faire plaisir, je le veux bien, Malco; deux heures me suffiront.

—Deux heures?

—Oui.

—Eh bien! Si je vous promettais de demeurer tranquille et sans crier où je suis, me bâillonneriez-vous?

—Hum! fit le capitão; une promesse, c'est bien vague, Malco; lorsqu'il s'agit de vie ou de mort.