—Vous agirez selon vos instincts, Malco, je sais que vous êtes un méchant homme et que vous n'hésiterez pas à le faire.
—Oui, je vous tuerai, je vous le jure sur ma part de paradis, mille diables!
—Votre part de paradis me paraît bien compromise, mon pauvre ami; mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit en ce moment, je ne veux pas que vos alliés me surprennent, ce qu'ils feront si je perds mon temps à causer avec vous, si agréable que soit votre conversation. Je vais donc, en conséquence, terminer au plus vite.
—Que prétendez-vous faire? Puisque, dites-vous, vous ne voulez pas me tuer.
—Chose promise, chose due, Malco; non je ne vous tuerai pas, mais je vous mettrai dans l'impossibilité de me nuire, du moins pendant quelque temps; cela est juste, n'est-ce pas?»
Le métis ne répondit pas, il écumait de fureur et se tordait comme un serpent sur le sol.
«Tenez-vous donc un instant tranquille, Malco, lui dit paisiblement le capitão; vous êtes réellement insupportable, si vous continuez, je ne finirai jamais de vous attacher.»
Et, de fait, tout en parlant ainsi, il l'attachait bel et bien avec son lasso, malgré les efforts prodigieux du métis pour lui échapper.
«Là, voilà qui est fait, reprit-il dès que le dernier nœud fut serré; maintenant, je n'ai plus qu'à vous bâillonner, et tout sera fini.
—Me bâillonner, s'écria le métis, me bâillonner, moi, et pourquoi?