—Parce que vous la tiendriez, et que vous ne voulez pas vous engager envers moi.
—Ainsi, vous croyez à ma parole?
—Certes.
—Eh bien! Ne me bâillonnez pas, Diogo, je vous la donne.
—Allons donc, vous voulez rire.
—Nullement, je vous donne ma parole d'honneur de demeurer ainsi que je suis, non pas deux heures mais trois, sans bouger et sans pousser un cri.
—Oh! Oh! fit le capitão en le regardant bien en face, c'est sérieux alors?
—Très sérieux, est-ce convenu?
—C'est convenu,» répondit Diogo, et il jeta le bâillon.
Étrange anomalie du caractère de certains hommes et qui se rencontre fréquemment, surtout chez les métis brésiliens; pour eux la parole est tout, rien ne saurait les contraindre à y manquer. Malco Díaz, bien que ce fût un bandit de la pire espèce, obéissant sans le moindre remords aux instincts les plus sanguinaires, se serait sérieusement cru déshonoré, lui, voleur et assassin à l'occasion, si, une fois sa parole engagée, il l'avait faussée.