La nuit fut tranquille.

Les Brésiliens la passèrent plongés dans un profond sommeil; Diogo, seul, dont l'organisation de fer semblait ne pas connaître la fatigue, veilla sur le salut commun.

Deux heures environ avant le lever du soleil, le batteur d'estrade, expédié par le marquis, rentra au camp.

Il était porteur d'étranges nouvelles: les Indiens avaient disparu sans laisser de traces.

Diogo écouta attentivement le rapport de cet homme; puis, se tournant vers le marquis qui, lui aussi, avait passé la nuit sans que le sommeil vînt clore ses paupières:

«Eh bien? lui demanda-t-il.

—Mais il me semble ... répondit le marquis.

—Attendez, interrompit Diogo. Mon ami, dit-il en s'adressant au batteur d'estrade, allez vous reposer, vous devez avoir besoin de réparer vos forces.»

Le Brésilien salua et se retira aussitôt.

«Il est inutile, reprit Diogo, que cet homme entende ce que nous avons à nous dire. Maintenant que nous sommes seuls, parlez, Excellence, je vous écoute.