«J'en tuerai bien deux encore avant de mourir,» dit-il.
Tout à coup les rangs des guerriers s'ouvrirent. Tarou-Niom parut.
«Que nul ne touche à cet homme et à cette femme, dit-il, ils m'appartiennent.
—Allons, ce sera pour une autre fois, dit le capitão en replaçant ses pistolets à sa ceinture.
—Tu es brave, je t'aime, reprit Tarou-Niom; prends cette gni-maak (plume), elle te servira de sauvegarde. Reste ici jusqu'à ce que je revienne, et veille sur l'etlatoum (femme) que tu as si bien défendue.»
Diogo prit la plume et s'assit tristement auprès de la jeune fille.
Une heure plus tard le capitão et doña Laura accompagnaient les guerriers Guaycurus qui retournaient à leur village.
La jeune fille était toujours évanouie et ne connaissait pas encore toute l'étendue du nouveau malheur qui était venu fondre sur elle.
Diogo la portait sur le cou de son cheval et la soutenait avec précaution; le brave capitão paraissait déjà, non pas résigné, mais complètement consolé de sa défaite, et causait amicalement avec le capitão Tarou-Niom, qui lui témoignait beaucoup d'égards.
Le combat avait fini ainsi qu'il devait finir, c'est-à-dire par la mort de tous les Brésiliens.