Le jeune homme frappa dans ses mains. Presque aussitôt une femme indienne parut et prépara la table, qui, en un instant, fut couverte de mets simples, mais proprement apprêtés; M. Dubois avait fait ouvrir sa cantine de voyage et en avait retiré plusieurs bouteilles, qui produisaient un excellent effet au milieu de la vaisselle primitive étalée sur la table.
Sur l'invitation de son hôte, le vieillard s'assit et le repas commença.
Après une longue journée de voyage dans le désert, exposé à l'ardeur du soleil et à la poussière, on n'est pas difficile sur la qualité des mets; l'appétit fait trouver bons ceux même que dans d'autres circonstances on ne voudrait pas toucher du bout du doigt. Aussi l'aristocrate convive du peintre, prenant bravement son parti, commença-t-il résolument l'attaque sur ce qu'on avait placé devant lui; mais, contre ses prévisions, tout se trouva être, sinon excellent, nous n'oserions l'affirmer, mais du moins mangeable.
Lorsque le repas fut terminé, la vaisselle enlevée, le peintre, après quelques minutes de conversation, souhaita un bonsoir cordial à son hôte et se retira.
Celui-ci, dès qu'il fut seul, changea son manteau en matelas, c'est-à-dire qu'il l'étendit sur la table, se coucha dessus, s'en enveloppa avec soin, ferma les yeux et s'endormit.
Il n'aurait su dire depuis combien de temps il dormait, lorsque tout à coup il fut brusquement tiré de son sommeil par des cris de frayeur et de colère poussés à peu de distance de lui, et auxquels se mêlèrent presque aussitôt plusieurs coups de feu.
M. Dubois se leva en proie à la plus vive inquiétude et se précipita au dehors, afin de découvrir la cause de ce tumulte extraordinaire.