—C'est juste,» fit don Zèno Cabral, qui traînait évidemment la conversation en longueur et hésitait à en attaquer le point réellement intéressant pour lui.
Le capitaine ne répondit pas.
Don Zèno reprit au bout d'un instant, en tourmentant, avec une colère contenue, la dragonne de son sabre:
«Mais enfin qu'avez-vous fait?»
En ce moment, une des prisonnières écarta par un geste brusque le capitaine, et faisant un pas en avant:
«Ne le savez-vous pas, don Zèno Cabral,» dit-elle d'une voix ironique et hautaine en rejetant, d'un geste plein de noblesse, sur ses épaules le rebozo de dentelles noires qui voilait son visage.
Les officiers étouffèrent un cri d'admiration à la vue de la beauté souveraine de cette femme.
Don Zèno Cabral fit un pas en arrière en se mordant les lèvres avec dépit, tandis que son visage se couvrait d'une pâleur mortelle.
«Madame, dit-il, les dents serrées, vous êtes prisonnière, et ne devez parler, ne l'oubliez pas, que si on vous interroge.»
Un sourire de mépris crispa les lèvres de la dame: elle haussa légèrement les épaules et fixa sur le partisan un regard d'une expression telle que, malgré lui, il détourna les yeux.