—Elle ne compte s'arrêter que lorsqu'elle aura atteint le rio San Lourenço.»

Malco Díaz comptait beaucoup, pour la réussite de ses projets, sur l'effet produit par cette révélation; en effet, le rio San Lourenço est situé au cœur du pays habité et possédé par les Guaycurus; mais il se trompa: les deux chefs demeurèrent froids et immobiles, et il fut impossible d'apercevoir sur leurs visages impassibles la moindre trace d'émotion.

«Ces hommes sont des Paulistas? demanda Tarou-Niom.

—Non, répondit nettement le métis.»

Les deux chefs échangèrent un regard.

Malco Díaz surprit ce regard.

«Mais, reprit-il, bien qu'ils ne soient pas Paulistas, cependant ce sont pour vous des ennemis.

—Peut-être, fit le Payagoas.

—Est-il ami celui qui entre dans un pays pour s'emparer des richesses qu'il renferme sans l'autorisation des véritables maîtres de ce pays?

—Telle est la pensée du chef de cette caravane? demanda Tarou-Niom.