Et après avoir salué respectueusement le jeune homme, le capitão se retira d'un pas aussi tranquille et aussi insouciant que s'il n'était pas certain d'avance que l'ordre qui lui était donné équivalait à une condamnation à mort.

Lorsqu'il fut seul, le marquis demeura un instant immobile; puis, frappant du pied avec rage et lançant au ciel un regard de défi:

«Oh! s'écria-t-il d'une voix étranglée, ces diamants maudits, je les aurai, dussé-je pour m'en emparer marcher dans le sang jusqu'à la ceinture!»


[V]

A TRAVERS LE DÉSERT.

Pendant que, d'après ses ordres, le capitão dos soldados da conquista faisait lever le camp et charger les mules, préparant tout pour un départ immédiat, le marquis, en proie à une agitation terrible, marchait à grands pas dans sa tente, maudissant la fatalité qui semblait s'attacher à ses pas et s'obstiner à détruire ses plus adroites combinaisons, éloignant constamment de lui, lorsque déjà il croyait le tenir, le riche trésor qu'il convoitait; trésor qui, depuis qu'il s'était mis à sa recherche, lui avait coûté tant de fatigues et d'ennuis de toutes sortes, et pour lequel il avait, pendant un laps de temps si long, bravé des périls immenses et presque perdu son honneur.

Soudain, il s'arrêta en se frappant le front: une idée subite avait traversé son cerveau en l'illuminant d'un radieux éclair; il déchira une page de ses tablettes, écrivit quelques mots à la hâte, plia le papier et le remit à un esclave en lui ordonnant de le porter de sa part à doña Laura Antonia de Cabral.

Comptant probablement beaucoup sur le résultat que produirait sa missive sur l'esprit de la jeune fille, le marquis, entièrement rasséréné, s'occupa avec ardeur à hâter les préparatifs du départ.

La journée était splendidement belle, le soleil s'était levé radieux à l'horizon dans des flots de pourpre et d'or, la brise matinale rafraîchissait doucement l'atmosphère et les oiseaux craintivement blottis sous la feuillée chantaient à pleine gorge leur joyeuse chanson.