Le sayotkatta ou le piaïes, ainsi que le Comanche l'avait nommé, était un homme de quarante à quarante-cinq ans, d'une taille élevée et un peu épaisse; ses traits étaient empreints d'une certaine majesté naturelle qui inspirait le respect et la crainte; ses cheveux noirs et touffus, séparés sur le front par un cercle d'or constellé d'images symboliques et mystérieuses, tombaient en désordre sur sa poitrine; sa robe longue en peau de buffle était serrée à la taille par une ceinture faite de chevelures humaines tressées avec art.
Après un silence de quelques minutes, silence pendant lequel les deux hommes s'examinèrent avec soin, le devin prit la parole.
—Mon frère est le bienvenu dans la grotte du sayotkatta, dit-il.
L'Indien s'inclina.
—Iurupari[9] nous a-t-il été contraire? demanda-t-il, et mon projet doit-il échouer!
—Guatéchù sait tout! répondit sentencieusement le piaïes.
—Qu'il en soit ainsi! fit l'Indien en hochant la tête.
—Mon frère est impatient, observa le devin.
—J'attends que mon père s'explique.
—Est-ce donc moi seul que vous veniez chercher ici? dit le sorcier en jetant sur le chef un regard scrutateur.