—Demeurez ici, laissez-moi faire, je réponds de tout, dit rapidement le jeune homme à son oreille.
Et il s'élança vivement dans le souterrain; il était temps qu'il arrivât, Tyro allait s'engager à sa recherche dans la galerie.
[IX]
LE GUARANIS
Ainsi que nous l'avons dit à la fin du précédent chapitre, au moment où le peintre déboucha de la galerie dans le souterrain, il se trouva face à face avec Tyro qui, entré par la galerie opposée et ne le trouvant pas dans la salle, se disposait à aller à sa rencontre, jusqu'à l'écurie, où il supposait qu'il devait être en ce moment.
Les deux hommes demeurèrent un instant immobiles et muets l'un devant l'autre, s'examinant avec soin et assez empêchés pour entamer la conversation.
Cependant la situation, déjà fort embarrassante, menaçait, si elle se prolongeait plus longtemps, de devenir critique. Le Français comprit qu'il fallait à tout prix en sortir, et il résolut de brusquer les choses, persuadé que c'était encore le meilleur moyen de se tirer d'embarras.
—Enfin vous voilà, Tyro! s'écria-t-il en feignant une grande joie, je commençais à me sentir inquiet de cette réclusion à laquelle je ne saurais m'accoutumer.
—Il m'a été impossible de venir plus tôt vous voir, maître, répondit l'Indien en laissant filtrer un regard sournoisement interrogateur entre ses paupières à demi-closes; vous avez, je le suppose, trouvé tout en ordre ici?