—Parfaitement; je dois convenir que j'ai passé une excellente nuit.
—Ah! fit le Guaranis, vous n'avez rien entendu? Nul bruit insolite n'est venu troubler votre sommeil?
—Ma foi, non; j'ai dormi tout d'une traite la nuit entière; je suis éveillé depuis une demi-heure à peine.
—Tant mieux, maître, je suis charmé de ce que vous m'annoncez. Si vous ne me le disiez pas aussi péremptoirement, je vous avoue franchement que j'aurais peine à le croire.
—Pourquoi donc? demanda-t-il avec un feint étonnement.
—Parce que, maître, la nuit a été rien moins que tranquille.
—Ah! Bah! s'écria-t-il de l'air le plus naïf qu'il put prendre; que s'est-il donc passé? Vous comprenez que, enterré au fond de ce trou, j'ignore tout, moi.
—Un combat acharné s'est livré, tout près d'ici, entre les Espagnols et les patriotes.
—Diable! C'est sérieux, alors. Et ce combat est terminé?
—Sans cela, serais-je ici, maître?