—Mon frère et moi nous nous sommes arrêtés, répondit sentencieusement le plus âgé des deux chefs, parce que les capitaos viennent au-devant des visages pâles, afin de leur rendre les honneurs qui leur sont dus à cause de leur qualité d'ambassadeur.

—Nous sommes donc effectivement bientôt arrivés?

—Regarder, reprit le chef en étendant le bras vers la colline éloignée tout au plus d'un mille de l'endroit où il se trouvait.

—Ah! Ah! Ainsi je ne m'étais pas trompé, cette colline est bien le Rincón del Bosquecillo.

—C'est le nom que lui donnent les visages pâles.

—Fort bien: je suis charmé de le savoir avec certitude. Vous dites donc, chef, que les capitaos viennent au-devant de nous?

—Voyez cette poussière, reprit l'Indien, elle est soulevée par les pieds pressés des chevaux des capitaos.

—S'il en est ainsi, je vous serai obligé, capitao, de m'informer de ce que je dois faire?

—Rien; attendre et répondre à l'accueil amical des capitaos quand ils arriveront.

—C'est ce que je ferai avec plaisir. Je profite même de l'occasion qui se présente de vous remercier personnellement, capitao, de la loyauté avec laquelle votre compagnon et vous vous nous avez guidés jusqu'ici.