—Il ignore toujours tout?
—N'est-ce pas convenu entre nous?
—En effet, mais comme vous avez, dites-vous, la plus grande confiance en lui, j'ai supposé que peut-être vous jugeriez convenable de l'avertir.
—Je n'ai pas voulu le faire sans vous en prévenir, d'autant plus que c'est un guerrier d'élite, un chef d'une sagesse reconnue et, plus que tout, un homme d'une loyauté à toute épreuve, je n'ai pas voulu me hasarder à lui faire une confidence aussi sérieuse sans avoir en mains les preuves certaines de la trahison du général.
—Ces preuves, je vous les apporte dans mes alforjas[2], je vous les donnerai; il est important pour la réussite de nos projets que Gueyma soit instruit; sans cela, le moment venu de frapper le grand coup, et cela ne tardera pas, il contrecarrerait sans doute nos combinaisons et les ferait échouer.
—Vous avez raison, je lui dirai tout, aussitôt après mon arrivée au camp.
—Fort bien, je compte sur vous.
—Soyez tranquille à ce sujet; maintenant que devons-nous faire?
—Continuer toujours à avancer dans la même direction.
—Je l'avais pensé ainsi; mon compagnon commence à s'inquiéter de me voir pousser aussi en avant dans un pays inconnu.