—¿Quién vive?[1] cria une voix ferme en espagnol.

—Amigo del desierto, répondit aussitôt le chef.

—¿Qué hora es? reprit l'inconnu.

—La hora de la venganza, dit encore le chef.

Ces mots de passe échangés, les deux hommes remirent au repos les batteries de leurs armes, et s'avancèrent l'un vers l'autre avec la plus entière confiance.

Ils s'étaient reconnus.

L'étranger mit immédiatement pied à terre et serra cordialement, comme étant celle d'un ami, la main que lui tendit le chef.

L'inconnu était un blanc, il portait le costume élégant et pittoresque des gauchos des pampas de Buenos Aires.

—Voici longtemps déjà que je vous attends, chef, dit l'étranger; serait-il survenu quelque empêchement.

—Aucun, reprit celui-ci; seulement, le camp est loin d'ici, et j'ai été obligé, avant de partir, d'attendre que mon compagnon se fût enfin décidé à s'endormir.