—Entre et ferme la porte derrière toi, lui dit le peintre d'un ton amical, nous avons à causer de choses importantes.

—Secrètes, maître? répondit l'Indien.

—Oui.

—Alors, avec votre permission, maître, je laisserai au contraire la porte ouverte.

—Pourquoi donc ce caprice?

—Ce n'est pas un caprice, maître, tous ces cuartos sont rendus sourds par les petates qui recouvrent leur sol, un espion peut, sans être entendu, venir coller son oreille contre la porte et entendre tout ce que nous dirions, d'autant plus facilement que nous-mêmes, absorbés par notre propre conversation, nous n'aurions pas été avertis de sa présence au lieu que si toutes les portes demeurent ouvertes, personne n'entrera sans que nous le voyons, et nous ne risquerons pas d'être espionnés.

—Ce que tu me fais observer là est assez sensé, mon bon Tyro, laisse donc les portes ouvertes; cette précaution ne saurait nuire, bien que je ne croie pas aux espions.

—Est-ce que le maître ne croit pas à la nuit, répondit l'Indien avec un geste emphatique; l'espion est comme la nuit, il aime se glisser dans les ténèbres.

—Soit, je ne discuterai pas avec toi; venons au motif qui m'a fait t'appeler.

—J'écoute, maître.