—Puisqu'il en est ainsi, reprit le Cougouar, partons sans plus attendre, nous n'avons pas un instant à perdre.

Le jeune homme se leva aussitôt et prit son fusil.

—Nous allons à pied, fit-il.

—Certes, nos chevaux nous embarrasseraient et ne pourraient que retarder notre marche qui, d'ailleurs, doit être secrète.

—Allons donc, alors.

Les deux chefs quittèrent aussitôt le camp par le point opposé à celui par lequel ils étaient arrivés, non pas toutefois sans avoir recommandé à un chef inférieur de les remplacer pendant leur absence et de veiller avec la plus grande vigilance sur la sûreté générale.

Ils ne tardèrent pas à disparaître au milieu des épais taillis et des arbres dont la sente était bordée à droite et à gauche.

Ils marchaient bon pas, se contentant de jeter parfois un regard investigateur autour d'eux, sans prendre d'autre précaution pour dissimuler leur présence.

Gueyma suivait silencieusement le Cougouar, se demandant intérieurement quel était le but de cette mystérieuse sortie.

Quant au vieillard, il s'avançait sans hésitation aucune, se dirigeant au milieu de ce dédale de verdure avec une sûreté qui témoignait d'une grande connaissance des lieux et d'un but déterminé à l'avance, car les deux chefs avaient depuis longtemps déjà abandonné la sente, et, sans suivre aucun chemin tracé, ils marchaient en droite ligne devant eux, franchissant les obstacles qui, de temps en temps, surgissaient sur leur passage, sans se détourner ni à droite ni à gauche.