Elles comprirent que le moment de leur départ était arrivé, et elles se mirent en mesure de recevoir les gens que sans doute don Pablo leur envoyait pour charger leurs bagages.

Elles avaient passé la nuit en prière, sans que pendant une seule minute le sommeil fût venu clore leurs paupières.

Au premier coup frappé à leur porte, elles quittèrent leur siège et ouvrirent.

Un homme entra, cet homme était don Pablo; un épais manteau l'enveloppait, un chapeau à larges bords était rabattu sur ses yeux.

Il salua poliment les dames.

—Êtes-vous prêtes? leur demanda-t-il.

—Nous attendons répondit laconiquement la marquise, voici nos bagages.

—C'est bien! répondit-il, et s'adressant à plusieurs hommes entrés à sa suite dans le hatto: allons, vous autres, leur dit-il d'un ton bref, chargez cela rondement, nous n'avons pas de temps à perdre.

Les ballots étaient au nombre de six, et formaient ainsi la charge de trois mules: en quelques minutes, ils furent solidement fixés sur les flancs des dociles et patientes bêtes.

—Señoras, reprit don Pablo, veuillez me suivre, s'il vous plaît.