—Que cela ne vous inquiète pas, maître, répondit le Guaranis avec un sourire d'une expression singulière.

—Soit, tu auras sans doute trouvé un prétexte plausible pour dissimuler ce que ce procédé a d'insolite.

—C'est cela même, fit-il en ricanant.

—C'est fort bien; mais maintenant, dis-moi, Tyro, qu'as-tu fait de tous ces bagages? Je ne me soucie nullement de les perdre; ils composent le plus clair de ma fortune; je ne puis cependant pas camper ainsi de but en blanc à la belle étoile, d'autant plus que cela ne servirait à rien, et que ceux qui ont intérêt à me chercher m'auraient bientôt découvert; d'un autre côté je ne vois guère dans quelle maison je me puis loger sans courir le risque d'être aussitôt arrêté.

L'Indien se mit à rire.

—Eh! Eh! fit gaiement le jeune homme, puisque tu ris, c'est que mes affaires vont probablement bien et que tu es à peu près certain de m'avoir trouvé un abri sûr.

—Vous ne vous trompez pas, maître; je me suis effectivement occupé aussitôt de vous chercher un endroit où vous seriez en sûreté, et complètement à l'abri des poursuites.

—Diable! Cela n'a pas dû être facile à trouver dans la ville.

—Aussi, n'est-ce pas dans la ville que j'ai cherché.

—Oh! Oh! Où donc alors; je ne vois guère, dans la campagne, d'endroit où il me soit possible de me cacher.