—C'est que, comme nous autres Indiens, vous n'avez pas, maître, l'habitude du désert; à deux milles d'ici, tout au plus, dans un rancho d'Indiens guaranis, je vous ai trouvé un asile où je défie qu'on aille vous chercher, ou bien, au cas d'une visite, vous trouver.

—Tu piques singulièrement ma curiosité. Tout est-il préparé pour me recevoir?

—Oui, maître.

—Pourquoi donc demeurons-nous ici alors, au lieu de nous y rendre?

—Parce que, maître, le soleil n'est pas couché encore, et qu'il fait trop jour pour se hasarder dans la campagne.

—Tu as raison, mon brave Tyro; je te remercie de ce nouveau service.

—Je n'ai fait que mon devoir, maître.

—Hum! Enfin, puisque tu le veux, j'y consens. Seulement, crois bien que je ne suis pas ingrat. Ainsi, voilà qui est convenu: je suis déménagé. Mon cher compatriote sera bien étonné lorsqu'il apprendra que je suis parti sans prendre congé de lui.

L'Indien rit silencieusement sans répondre.

—Malheureusement, mon ami, continua le jeune homme, cette position est fort précaire, elle ne saurait durer longtemps.