—Vous étiez à la chasse, général.
—C'est vrai, je suis coupable.
—Nullement, car en votre absence j'ai pris sur moi de donner des ordres.
—Je vous remercie, cher don Zéno.
—En sortant de la maison de la marquise de Castelmelhor, où ce matin je m'étais rendu, un de vos aides de camp, général, qui était à votre recherche et voulait monter à cheval pour vous rejoindre, m'a donné la nouvelle de cette fuite; j'ai aussitôt lancé des détachements dans toutes les directions, à la poursuite des fugitifs.
—Très bien.
—Ces détachements, sauf un seul, sont revenus sans avoir eu de nouvelles des prisonniers.
—Voilà une fâcheuse affaire, et qui ne peut que compliquer encore la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons en ce moment.
—Je ne m'en suis pas tenu là, monsieur le gouverneur, répondit don Zéno, je me suis rendu à la prison pour interroger le directeur sur les particularités de la fuite; de plus, j'ai disséminé par la ville des gens intelligents chargés de prendre langue et de me rapporter ce qu'ils entendraient dire.
—On n'est pas plus prudent et plus avisé, mon cher don Zéno, je vous félicite de tout cœur.