— Alors…? demanda Michel d’une voix étranglée, c’est donc…?

— Oui !

— Oh ! s’écria-t-il avec un accent de douleur impossible à rendre, Louise ! c’est Louise, n’est-ce pas ?

— Oui, oui ! balbutia machinalement Jacques.

— Louise, ma femme ! Elle est donc morte ?

— Hélas ! murmura le fermier en se cachant la tête dans les mains et tombant accablé sur un banc.

Michel était terrible à voir ; une douleur désespérée convulsait ses traits livides ; ses yeux sans regard semblaient vouloir sortir de leurs orbites ; la raison et la folie luttaient avec fureur dans son cerveau ; il répétait machinalement d’une voix sourde et d’un ton qui faisait mal :

— Louise est morte !… morte !…

Le fermier releva la tête et regarda son ami. La folie venait ; elle envahissait peu à peu le cerveau de Michel. Soudain Jacques se redressa. Il remplit un verre d’eau glacée et le présentant à son ami :

— Bois ! lui dit-il d’une voix dure.