Michel prit machinalement le verre, qu’il vida d’un trait. Jacques épiait son visage avec une sollicitude anxieuse. Un profond soupir souleva la poitrine de Michel, qui passa, d’un geste fébrile, sa main sur son front. Soudain il éclata en sanglots et un torrent de larmes coula de ses yeux.

— Louise ! Louise, morte ! murmurait-il d’une voix brisée par la douleur.

— Il est sauvé, pensa le fermier, en s’adressant à son ami : Oui, Louise est morte ; mais il te reste deux enfants pour lesquels tu dois vivre !

— C’est vrai ! j’ai deux enfants, dit-il d’une voix hachée. Hélas ! hélas ! que vont-ils devenir, maintenant qu’ils n’ont plus de mère ?

— Elle priera pour eux dans le ciel, et toi, tu les protégeras sur la terre.

— Moi ! fit-il avec un mouvement de désespoir.

— Oui, toi ! D’ailleurs Louise te les a confiés. Ne désires-tu pas que je te dise comment elle est morte ?

— Oh ! si ! je le désire. Dis-le-moi, Jacques, mon ami, dis-moi tout, j’ai besoin de tout savoir.

— Eh bien, viens, montons dans ta chambre. Là, tu sauras tout.

— Oui ! oui ! allons !