— Bien vrai ? s’écria-t-elle toute joyeuse. Où est-elle ?

— Là, sur mon cœur. Je t’en donnerai une autre plus belle.

— Oh ! garde-la, mon bon Marcel ; je suis heureuse que tu l’aies retrouvée.

Et les deux jeunes gens s’embrassèrent du meilleur de leur cœur.

On déjeûna. Mon ami Pierrot et Mme Gigogne ne servaient pas cette fois, mais ils ne furent pas oubliés, ni les chiens ni les loutres qui avaient, eux aussi, rejoint leur maître.

Après le repas qui fut court, Marcel s’entretint pendant quelques instants avec Jérôme et Madeleine. Il mettait tout ce qu’il laissait à leur disposition, ne se réservant que certains objets auxquels il tenait particulièrement, et qu’il pria Jérôme de transporter dans sa maison de campagne, dont il entendait conserver la jouissance. Il recommanda à plusieurs reprises la basse-cour et tout le reste aux soins de la gentille Madeleine et de son mari.

Puis Jean-Pierre, mon ami Pierrot, Mme Gigogne, les deux loutres et tous les chiens, sauf Petiote, furent placés dans une charrette recouverte d’une bâche qui les dérobait aux regards des curieux. Ces braves animaux s’installèrent sur une moelleuse litière. Jacques Chrétien céda son cheval à Marcel et se chargea de conduire la charrette.

Les hommes montèrent à cheval ; les dames se placèrent dans le char-à-bancs, et après avoir fait de chaleureux adieux à Jérôme, à sa femme et à ses métayers, on se mit enfin en route.

Il était dix heures du matin.

Petiote ouvrait la marche en aboyant comme une folle.