Ce ne fut pas sans une certaine émotion que Marcel quitta cette montagne où il avait tant souffert et où il avait été si heureux aussi.
Pendant près d’une heure, il demeura pensif, presque sombre, absorbé par le flux de pensées qui du cœur lui montaient au cerveau, mais l’espoir de revoir bientôt son père dissipa enfin cette tristesse que ses amis respectaient. Il redevint gai et complètement en possession de lui-même.
Mais il se promit de revenir souvent à sa corniche.
Vers cinq heures du soir, les voyageurs atteignirent la vallée du Graisivaudan. La route s’était faite trop lentement au gré de Marcel qui bouillait d’impatience d’embrasser son père.
Depuis une demi-heure surtout, l’homme au burnous ne réussissait qu’à grand’peine à le calmer. Marcel était en proie à une émotion profonde. Plus il approchait du but, plus son impatience croissait.
Enfin la petite caravane fit halte devant la grille d’une élégante maison de campagne, presque enfouie sous des massifs de feuillage.
— Ah ! enfin ! s’écria Marcel en sautant d’un bond à bas de son cheval. Je vais donc embrasser mon père !
Chacun mit pied à terre au bas d’un double perron ; une foule de serviteurs vêtus d’une livrée sévère étaient accourus au-devant des arrivants.
— Je ne vois pas mon père ! s’écria Marcel d’une voix anxieuse.
— Viens, lui dit le vieillard en l’entraînant dans l’intérieur de la maison.