— C’est bien, répondit le compagnon de Marcel en posant un doigt sur ses lèvres ; moi aussi, croyez-le, je suis heureux de vous voir, surtout si tout marche à votre gré.
En parlant ainsi, le vieillard et son jeune ami avaient pénétré dans la maison hospitalière.
En un tour de main, la jeune femme avait remis le plus jeune de ses enfants dans son berceau, posé l’autre à terre, sur une peau d’ours, où il se roulait joyeusement avec les deux énormes molosses, puis elle avait débarrassé les deux hommes de leurs sacs et de leurs bâtons, avait remis du bois au feu et installé commodément les voyageurs de chaque côté de l’âtre, tout en répondant à la dernière question du vieillard.
— C’est une bénédiction, monsieur ; tout nous réussit ; mon homme ne sait à qui entendre, tant on le demande de tous les côtés.
— Tant mieux ; cela me fait plaisir, dit le vieillard. Jérôme est un honnête homme, un laborieux ouvrier. Vous méritez tous deux le bien qui vous arrive.
— Oh ! nous savons à qui nous devons attribuer ce bonheur constant, dit la jeune femme en jetant un regard où brillaient des larmes de reconnaissance sur l’homme au burnous.
— Est-ce que votre homme est absent ? se hâta de demander le vieillard.
— Il ne tardera pas à rentrer, dit-elle avec un certain embarras. Il est allé tirer un coup de fusil dans la montagne ; le gibier est à foison en ce moment, et…
— Très bien ! dit le vieillard en interrompant sans cérémonie la jeune femme ; faites vos affaires sans vous occuper de nous, Magdeleine ; nous attendrons le retour de votre homme en nous chauffant devant cette bonne flambée de sapin.
— C’est ça ! dit-elle gaîment, je vais préparer vos chambres.