— Hé ! mon ami, j’ai entendu souvent parler de Lepage : je sais que les armes qui sortent de ses ateliers sont sans rivales. Cependant, il me semble que ce cadeau…

— Te plaît et tu l’acceptes ! Au nom de notre vieille amitié, c’est entendu, interrompit vivement Pierre Morin. C’est donc affaire conclue : causons d’autre chose.

On trinqua, et à dix heures on se mit à table. Tout en mangeant, Jérôme avait indiqué clairement la route que Marcel devait suivre pour atteindre Saint-Pierre-de-Chartreuse, d’où la route jusqu’aux Alouettes lui était familière.

Après le déjeûner, Jérôme alla mettre le cheval à la carriole, tandis que Pierre Morin et Marcel échangeaient leurs adieux et se promettaient de se revoir bientôt.

Les deux amis s’embrassèrent une fois encore, échangèrent un dernier serrement de mains. Pierre Morin, monté dans la voiture, cria : Au revoir ! Le valet fit claquer son fouet ; le cheval partit au grand trot.

Après quelques instants passés en compagnie de Jérôme et de sa femme, Marcel se leva, mit sa gibecière en bandoulière, attacha solidement son sac sur son dos, suspendit ses outils à son épaule, et, saisissant son bâton ferré :

— Voici l’heure, dit-il.

Jérôme attacha derrière le sac l’étui contenant le fusil et la limousine. Les deux hommes quittèrent la maisonnette. Jérôme voulait faire un bout de conduite à Marcel.

Selon l’habitude des montagnards, en sortant de la maison, Jérôme avait jeté autour de lui un regard circulaire. Soudain il s’arrêta.

— Rentrons, dit-il.