Disons en passant que le china-china est une excellente liqueur qu’on fabrique à Voiron et qu’on connaît fort peu à Paris, où elle ferait pourtant la joie des gourmets et des véritables amateurs.
— Eh ! monsieur Marcel, dit Jérôme, il paraît que vous avez fait des acquisitions considérables là-bas. Vous avez un sac et une gibecière qui à eux deux pèsent bien quatre-vingts livres.
— C’est un peu lourd en vérité, dit Marcel ; mais après tout, je ne vais pas au bout du monde.
— Bah ! qu’est-ce que c’est que quatre-vingts et même cent livres pour un gars solide et découplé comme vous ?
— Vous vous trompez, ami Jérôme, fit le régisseur. J’ai pesé moi-même les bagages qui, tout compris, ne dépassent pas soixante livres.
Si l’on y joint un fusil double dans son étui que Marcel attachera derrière son sac et quelques outils qu’il emporte, le tout n’atteindra pas cent livres.
— Un fusil ! s’écria Marcel avec surprise.
— C’est vrai ! J’avais oublié de t’en parler. Tu n’as qu’un mauvais fusil, presque hors de service. J’ai voulu réparer cette lacune, d’autant plus que je te sais un fin et adroit chasseur.
— Merci, mille fois, mon ami, mais…
— Laisse donc ! interrompit en riant l’ancien professeur. Je suis comme mon ami Jérôme, moi ! Quand une fois je me suis mis une chose en tête, je n’en démords plus. D’ailleurs, ce fusil est une arme excellente. Il est de Lepage.